Vendredi 20 août 2010
5
20
/08
/Août
/2010
16:35
Alors qu'Amnesty International soutient une campagne depuis 2000 sur le thème des diamants du sang, les Etats-Unis mettent en place une loi
financière obligeant les entreprises à donner l'origine des minéraux qu'ils utilisent et à publier annuellement ces informations. L'information vient de Libération qui publie une tribune de MARGOT WALLSTRÖM, Représentante spéciale
du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit
Pourquoi ? De nombreuses zones en guerre, notamment en Afrique, utilisent le commerce fructueux des matières premières comme le diamant ou des minéraux
rares mais indispensables pour des produits non indispensables mais que nous avons tous, comme le coltan ou le tungstène dans les ipod et autres téléphones mobiles.
Or cet argent récolté par les voies "toutes légales" du commerce sert à asservir les populations, en particulier, par le viol. Cette cruelle tactique
de guerre, qui détruit la société à si long terme, est en effet tristement généralisée. Personne ne voudrait d'un téléphone portable dernier cri ni d'une bague ornée d'un caillou qui brille, s'il
a fallu violer pour le fabriquer ? C'est le raisonnement tenu par le gouvernement de Etats-Unis, qui propose donc une réforme financière afin que les consommateurs SACHENT.
Enfin bon, le commerce du diamant et des matières premières de ce genre restent ce qu'il y a de plus inéquitable - on peut aussi, en attendant et même
après, se passer tout simplement de tout ça. Car, même si Amnesty encourage aussi largement cette exigence de savoir si une pierre est "propre" ou "sanglante", en réalité c'est encore une fois nous qui décidons du point dans
l'horreur au delà du quel nous serions offusqués, choqués, au delà duquel ça n'en vaut plus la peine. Mais qui demande aux peuples ce qu'ils en pensent ? Il est évident que le viol systématique
est une horreur indicible que l'on ne peut supporter, encore moins s'il est commis pour exploiter ces minéraux, mais qu'en est-il des autres formes d'explotiation des être humains par les leur,
de la domination économique comme guerrière ?
Donc, comme Mme Wallstöm, je suis tout à fait pour la généralisation de la mesure dans le monde, et en Europe en particulier, mais pour autant, la
consommatrice continue de penser amèrement aux règles qui régissent le commerce international comme à un système construit pour spolier la majorité de leur liberté et leur dignité au profit du
portefeuille de quelques uns.